Critique : Le châtiment des anges d'Annie Larochelle, une saga qui surprend
✦ Amélia, une héroïne à laquelle on s'attache
Déjà, on fait connaissance avec le personnage principal, Amélia. Femme au fort caractère auquel il est facile de s'identifier autant dans ses souffrances que ses joies. Tel une sorcière, elle présente des qualités d'empathe. Amélia a des amitiés significatives avec lesquelles elle a ou va tisser des liens profonds. Qu'ils soient humains, anges ou démons, l'autrice présente autant le côté lumineux que sombre de tous les personnages. Ce fait contribue au développement de l'attachement du lecteur envers les personnages. Annie Larochelle met en scène des personnages bien campés autant alliés qu'ennemis. On en vient presque à rêver de croiser de tels personnages dans notre vie. « ─ Comment est-il? S'enquit-elle. Le jeune homme réfléchit un moment avant de répondre. ─ Il est la tempête qui s'amène du Nord, il est la force d'un tsunami sur l'océan, il est aussi précis que la pointe de son épée, il est… »
✦ Sorcellerie, créatures astrales et références geek
De nombreuses créatures astrales parsèment le récit — Nahuatl, nephel, démons et anges rendent la narration plus près du vécu de certaines personnes pratiquant la sorcellerie. Lorsqu'un rituel est pratiqué, l'autrice a pris la peine d'y introduire de vrais encens ou outils utilisés en magie. La geek en moi a particulièrement apprécié les références cinématographiques (Star Wars, Avengers, Seigneur des anneaux), les références musicales et les repères géographiques québécois.
✦ Une genèse revisitée et des combats fluides
J'ai particulièrement apprécié les versions différentes de la genèse chrétienne et les autres événements de l'intrigue. Les combats sont fluides avec une petite touche d'humour. Il ne faudrait pas oublier que c'est une romance. Sans tomber dans les clichés, Annie Larochelle décrit les scènes intimes avec doigté. Elle fait évoluer ses personnages dans des paysages magnifiques autant nordiques qu'idylliques comme les îles Fiji. « Des fleurs alpines y poussaient au bout de courtes tiges. Leurs pétales rouge-orangé semblaient fins, pareil à ceux des coquelicots. Ils étaient agités de légers mouvements, comme bercés au gré d'une brise qu'elle ne sentait pas. Le cœur de ces fleurs était constitué de minuscules pistils plus blancs que la neige environnante, et il émanait une douce lueur. »
En résumé, ce roman fantastique s'adresse à un public de 16 ans et plus. Rappelons-nous qu'Annie Larochelle ne ferme pas les lumières lors des moments d'intimité. Ayant eu de la difficulté à le poser, je le recommande fortement.
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