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L’automne est à son plein potentiel avec ses teintes flamboyantes et ses tapis de feuilles multicolores. Pourquoi ne pas l’inclure dans notre pratique!

Cette année, le rouge est à l’honneur.
Associé au chakra racine, à l’action ainsi qu’au courage, cette couleur fait partie de notre environnement depuis l’aube des temps.

Que ce soit par le feu ou le sang, le rouge est indéniablement tonique. Il est même l’athanor des alchimistes. Pas étonnant qu’on la retrouve dans la plupart des civilisations dont voici quelques exemples.

Chez les Grecs et les Romains, on descendait les initiés de Cybèle dans un fosse, où on sacrifiait un taureau ou un bélier sur une grille au-dessus d’eux pour qu’ils reçoivent le sang sur leur corps.

Selon un mythe des îles Trobiand (Mélanésie), on raconte qu’au début des temps, un homme aurait apprit les secrets de la magie de la part d’un crabe rouge grâce à la sorcellerie dont il était chargé. Après lui avoir extorqué ses mystères, l’homme tua le crabe. Ainsi dépouillés, aujourd’hui, les crabes sont noirs.


En Afrique, certaines communautés enduisent des femmes ou des jeunes filles de peinture rouge lors de leurs premières règles, la veille de leur mariage ou lorsqu’elles donnent naissance à leur premier enfant. Dilué avec de l’huile végétale, on bonifiait la peinture de pouvoirs revitalisants. Certaines Premières Nations d’Amérique font de même pour stimuler les forces et éveiller le désir.

Dans les traditions irlandaises, le rouge était utilisé dans le contexte guerrier. Il n’y a qu’à penser à deux des adjectifs reliés à la guerre : derg et ruadh. Le Dagda (Dieu-druide) est dit ruadh rofhessa rouge de la grande science. Les capacités guerrières des druides rouges étaient reconnues à la grandeur du territoire.

Même la pierre philosophale porterait le rouge du soleil!

Méphistophèles, démon du folklore allemand, porterait le manteau rouge des princes de l’enfer. Paradoxalement, les cardinaux catholiques aussi, mais c’est une autre histoire.

En Extrême-Orient, le rouge évoque l’intensité, l’action et la passion. Elle est aussi utilisée lors des unions à travers des fils rouges qu’on tisse. On retrouve même cette symbolique à travers le cinabre; ce sulfure de mercure rouge utilisé dans l’hermétisme islamique. Elle permettrait l’accession aux grands mystères.

Au Japon, le rouge (Aka) est porté pour attirer la sincérité et le bonheur. Certaines écoles shintoïstes l’associent à l’harmonie et l’expansion. Il n’est donc pas étonnant que les conscrits japonais portent une ceinture rouge le jour de leur départ en symbole de leur fidélité à la patrie. D’ailleurs, lorsqu’un japonais veut souhaiter du bonheur à quelqu’un lors d’un événement important, il colore le riz en rouge.

Bref, pour toutes ces raisons et des milliers d’autres,
inspirons nous du rouge pour l’intégrer à notre pratique.

Qu’il en soit ainsi!

Références:
1. Chevalier, J. et Gheerbrant, A. (1982). Dictionnaire des symboles, Éditions Robert Laffont.
2. D’yges, C., (1954), Nouvelle assemblée des philosophes chimiques, aperçus sur le grand oeuvre des alchimistes, préface d’Eugène Canseliet, Paris.
3. Magnier, V., (1950), Les mystères d’Eleusis, leur origine, le rituel de leurs initiations, Paris.
4. Kandinsky, V., (1954) Du spirituel dans l’art, Paris.
5. Malinowski, B., (1933), Mœurs et coutumes des Mélanésiens, Paris.
6. Kynes, S., (2013) Complete book of correspondances, Llewellyn’s publications.

Images :
Statue en marbre de Cybèle de la collection Ny Carlsberg Glyptotek. Item 480.
Fontaine de Cybèle sur la place Cybèle à Madrid
Faust et Méphistophélès.
Photos personnelles
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Auteur/autrice

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