
Connu pour ses romans autour des mythes surnaturels issus de Bromptonville en Estrie, Jonathan Reynolds nous promet toute une aventure. Visitant à l’occasion son village natal, l’auteur fait le plein d’anecdotes savoureuses malgré l’évolution constante de ce coin de pays. En choisissant ce lieu, il rend hommage aux lieux mythiques qui ont disparu avec le temps. Mélangeant abondamment ses souvenirs personnels avec la fiction, il crée un carrefour entre la réalité et le surnaturel qui s’impose subtilement.
Le roman Luna , qui sera publié par les éditions Alire, est classé fantastique avec une pointe d’horreur. Il met en scène un romancier homonyme qui reçoit un message d’une ancienne connaissance : Valérie. (Beau lien avec le roman antérieur : Réminiscences). Celle-ci a lu un de ses ouvrages et relève une coquille à la page 352. Le mot lune a été remplacé par luna. Luna est étrangement le surnom de la belle aux cheveux blonds qu’il aimé secrètement jusqu’à sa disparition en 1999.
Inexplicablement, l’écrivain (Fictif. Pas le vrai là.) ne se souvient plus avoir écrit cette scène. Après avoir consulté ses romans antérieurs, il réalise que la jolie demoiselle aux cheveux de blé s’y retrouve avec la même coquille. La narration glisserait ainsi dans une insidieuse étrangeté qui amènerait le lecteur à prendre conscience qu’on peut craindre ses souvenirs. Ceux-ci peuvent découler de 2-3 événements différents pour n’en faire qu’un seul. Faut-il craindre ses souvenirs? Soi-même?
Création de l’esprit, impression ou folie, tout est possible. Avec sa plume sobre et précise, Jonathan Reynolds nous offre un roman digne de l’indéniable maturité littéraire dont il fait preuve. Il nous propose une spirale descendante de plus en plus sombre et inquiétante fissurant la barrière de la réalité.

Ce sera un véritable plaisir de mettre la main sur un copie le 3 septembre prochain!
