
Les films et romans qui explorent l’exorcisme sont légion. Pourtant, on continue de redécouvrir ce rituel autant fascinant qu’effrayant. Sébastien Picard présente sa vision dans son roman « L’exorciseur : In tenebris » où on suit la chute de l’exorciseur vedette du Vatican. Après un rituel qui a mal tourné, le père Black est alors caché et isolé pour cacher les lacunes de L’Église. Heureusement, il croisera une journaliste déterminée à faire la lumière sur les événements. Elle sera un atout indéniable lorsqu’il se retrouvera à la croisée des chemins : plonger dans les ténèbres ou revenir à la lumière.

Heureusement, Sébastien Picard rivalise de créativité, évitant ainsi de tomber dans le document promotionnel du christianisme. Au contraire, il met en scène des personnages aux pensées profondes qui renforcent le lien avec le lecteur. Que ce soit par la force de caractère du personnage principal, que par la sagesse du père Morgan, l’auteur met en lumière de belles interactions empreintes d’humanisme.
– Il y a de ces blessures qui sont si profondes qu’elles tardent à guérir et il y a les autres qui ne guérissent jamais.
Et le prêtre Morgan d’ajouter…
– Et il y a celles que nous entretenons pour nous flageller, pour nous rappeler les lourdes conséquences de nos échecs.
La sorcière en moi s’est sentie interpelée lorsque le père Morgan décrit les envers d’avoir un don. Sébastien Picard en profite pour ajouter lui faire révéler un sage conseil :
« Canalisez votre souffrance, James.
Servez-vous-en pour devenir encore plus puissant »
La critique sociale à peine voilée de l’auteur carignanois est rafraîchissante. Enfin une voix qui s’élève devant les mensonges et les manipulations de l’Église catholique romaine.
Avec des dialogues profonds, presque philosophiques, Sébastien Picard élève l’expérience du lecteur au-delà du roman d’horreur classique. Il explore l’exorcisme autant sur la victime que l’exorciseur. Il tricote aussi la narration en y parsemant des cas réels et cite des œuvres de références comme le traité de magie rituelle « Lemegeton Clavicula Salomonis ».
Finalement, « L’exorciseur : In tenebris » est un roman où l’effroi côtoie une critique sociale bien apprêtée.