Sorcières dans les séries TV : le bon, la brute et le cliché
✦ Le bon : quand les séries font leurs devoirs
Certaines séries ont fait l'effort de s'appuyer sur de vraies traditions. Charmed (l'original, 1998-2006) intègre des éléments de Wicca et de magie folk de façon reconnaissable — les Pouvoirs des Trois, le Livre des Ombres, les correspondances élémentaires. The Witches of East End puise dans la mythologie nordique avec une certaine rigueur. Et A Discovery of Witches, bien que romanesque, traite la magie comme un héritage culturel et familial, ce qui résonne avec beaucoup de pratiquants.
✦ La brute : le spectacle avant tout
American Horror Story: Coven est visuellement magnifique et culturellement référencé (Marie Laveau, la Nouvelle-Orléans, le vaudou), mais il sacrifie la précision au profit du spectacle. La magie y est essentiellement un outil de pouvoir et de violence. Même chose pour The Chilling Adventures of Sabrina, qui choisit délibérément l'esthétique satanique au détriment de toute cohérence avec les pratiques réelles — ce qui a d'ailleurs provoqué des protestations de la communauté Wicca.
✦ Le cliché : ce qu'on aimerait ne plus voir
La sorcière vieille et laide (ou jeune et sexy, sans entre-deux), le pacte avec le diable, la magie comme malédiction héréditaire qu'on ne peut pas contrôler, les grimoires qui s'ouvrent tout seuls... Ces clichés persistent parce qu'ils sont visuellement efficaces. Mais ils perpétuent une image de la sorcellerie comme quelque chose de subi, de dangereux, d'involontaire — à l'opposé de ce que la plupart des pratiquants vivent : une pratique choisie, consciente et souvent très ordinaire.
Les séries sur les sorcières sont un miroir déformant mais fascinant de nos représentations collectives de la magie. Elles ne sont pas des documentaires — et c'est très bien ainsi. Mais elles méritent d'être regardées avec un œil critique, et parfois avec un grimoire ouvert à côté.
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